MARC ANTIGNA (1869-1941)

 

D’un portrait retrouvé à la carrière d’un peintre méconnu

                                                                                                                                                                            Christian Jamet

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Le mystérieux visage d’une prétendue fillette

Portrait de petite fille souriant (ill. 1) : tel était le titre donné à une œuvre anonyme, sobrement décrite par le galeriste parisien qui l'avait mise en vente comme « réaliste » et appartenant à « l’École française du XIXe siècle » [1].

 

 

ill. 1  Alexandre Antigna, Portrait de Marc (vers 1875),

huile sur toile, 41 x 33 cm, collection particulière.

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[1] Après recherches, il s’avère que le tableau se trouvait précédemment chez un antiquaire parisien, lequel l’avait acheté à un arrière-petit-fils d’Yvonne Demouy (née Antigna), fille du peintre, à l’occasion d’une succession familiale après décès, en 2018. Le portrait était donc resté jusque-là au sein de la famille mais au fil des générations, l’identité du modèle avait fini par être oubliée : la « petite fille » était maintenant inconnue. Comble de malchance, la toile n’étant pas signée, le nom de son auteur, fût-il initialement donné, n’avait pas retenu l’attention des marchands d’art. Autant dire que l’œuvre avait perdu l’essentiel de son identité.

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                                   La comparaison du visage de l’enfant représenté avec celui du personnage de droite du Portrait de Marc et Yvonne (ill. 3) - peint par Alexandre Antigna vers 1875 et montré à Orléans lors de la rétrospective de 1978-1979 [2] - permet pourtant sans hésiter de reconnaître ici, sous le pinceau de son père, le jeune Marc Antigna, malgré ses traits fins et ses longs cheveux qui peuvent, à première vue, lui donner l’aspect d’une fillette [3] (ill. 5, 6). Coiffé cette fois d’un curieux chapeau d’où ruisselle une abondante chevelure, c’est le même garçonnet qui apparaît encore aux côtés de sa sœur aînée, Yvonne, dans une composition présentée elle aussi à l’exposition d’Orléans mentionnée ci-dessus : Portrait de Marc et Yvonne, vers 1876 (ill. 4).

ill. 2  Ci-dessus : Alexandre Antigna, Autoportrait (1852), détail.

ill. 3  À gauche : Alexandre Antigna, Portrait de Marc et Yvonne (vers 1875), huile sur toile découpée, 26 x 21 cm,

collection particulière. Peut-être s’agit-il d’une étude pour le portrait des enfants du peintre en costume breton,

tableau exposé au Salon de 1875 (Yvonne et Marc, n° 25 : « Forts jolis les deux petits Bretons de M. Antigna, bien

groupés et bien peints. Pourquoi les a-t-on placés si haut ? » Journal La Patrie, 7 mai 1875).

 

ill. 4  À droite : Alexandre Antigna, Portrait de Marc et Yvonne (vers 1876), huile sur toile, 29 x 23 cm, collection 

particulière.

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[2] Exposition Jean-Pierre Alexandre Antigna organisée par David Ojalvo au Musée des Beaux-Arts d’Orléans, du 20/10/1978 au 3/1/1979.

[3] Il était jadis assez courant de ne couper que tardivement les cheveux des jeunes garçons. Les tableaux anciens montrent toutefois que les coiffures des fillettes étaient généralement plus soignées. Comparant d’ailleurs ce portrait à celui d’Yvonne figurant dans la collection de sa mère, une arrière-arrière-petite-fille du peintre (qui a en outre confirmé l’identité du modèle) a fort justement fait observer qu’ici, « la frange coupée court ne semble pas très féminine ».

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         ill. 5  À gauche : Alexandre Antigna, Portrait de Marc et Yvonne (vers 1875), détail.

   ill. 6  À droite : Alexandre Antigna, Portrait de Marc (vers 1875), détail.

Les jeux de lumière dans les cheveux châtain clair de l’enfant, les tons frais de son visage, très caractéristiques de la manière d’Antigna à cette époque, concourent au charme de l’image de son jeune fils qui avait alors environ six ans. Si quatre portraits d’Yvonne, représentée seule, sont actuellement connus [4], ce Portrait de Marc, non accompagné de sa sœur, est jusqu’à ce jour apparemment unique. L’absence de signature semble indiquer qu’il s’agit, là encore, d’une probable étude, contemporaine de celle de la fratrie des alentours de 1875 et sans doute en vue du même Salon. De fait, en dépit de quelques variantes de détail, la ressemblance entre les deux visages est particulièrement frappante. Ajoutons que de telles peintures, études ou esquisses, ayant pour modèles des intimes de l’artiste, n’avaient généralement pas pour vocation de quitter l’atelier ou le cercle familial dont elles perpétuaient la mémoire. Dès lors, importait-il nécessairement de les signer ?

 

Exceptionnel peintre de l’enfance - on songe notamment à la superbe composition du Roi des moutards du Musée des Beaux-Arts d’Orléans (ill. 7) -, Alexandre Antigna a naturellement été enclin à représenter ses propres enfants. Le décès de Jeanne Marie, à l’âge de deux ans, en 1864, qui lui a inspiré l’émouvant Dernier baiser d’une mère (ill. 8), n’a sans doute pas été étranger à un redoublement de sollicitude paternelle envers la petite Cécile Marie Yvonne [5] (15 mars 1868 - 1933) (ill. 9), puis André Marc, venu au monde à Paris le 26 avril 1869, au domicile de ses parents, 17, rue Trézel, actuelle rue du Docteur-Heulin, dans le XVIIe arrondissement [6]. Son père était déjà un peintre renommé, maintes fois récompensé à Paris comme en province, décoré par le roi du Portugal et fait chevalier de la Légion d’honneur par Napoléon III.

 

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[4] Trois d’entre eux (dont deux signés) figurent dans le catalogue d’exposition de 1978-1979. Nous avons identifié depuis celui qui est présenté dans cet article p. 4 .

[5] Future épouse d’Abel Ladislas Urbain Demouy. Elle a eu quatre enfants : Jacques Demouy, Simone Demouy (épouse Lemarchand), Jean Demouy (mort pour la France, en 1916) et Christiane Demouy (épouse Theisen).

[6] La déclaration à l’état civil a été faite le 28 avril (annexe, doc. 3).

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ill. 7  À gauche : Alexandre Antigna, Le Roi des moutards (Salon de 1869),

huile sur toile, 135 x 228 cm, détail, Orléans, Musée des Beaux-Arts.

ill. 8  À droite : Alexandre Antigna, Le Dernier baiser d’une mère (Salon de 1865),

huile sur toile, 230 x 160 cm, détail, Lille, Palais des Beaux-Arts.

 

ill. 9 Alexandre Antigna, Portrait d’Yvonne (vers 1871),

huile sur toile, 35,5 x 28 cm, collection particulière.

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Antigna, le fils

                                    Le jeune Marc allait devenir à son tour un artiste remarquable, formé à l’Académie Julian par Jules Lefebvre (1834-1912) et Benjamin-Constant (1845-1902), peintres académiques, qui, comme Gustave Boulanger (1824-1888), Fernand Cormon (1845-1924) ou Henri-Lucien Doucet (1856-1895) dont il a fréquenté aussi les ateliers, l’ont convaincu de l’importance du dessin. Parvenu à la maîtrise de son art, il s’est longtemps établi en Seine-et-Marne, à Montigny-sur-Loing, une petite ville entre rivière et forêt, à quelque quatre-vingts kilomètres de Paris, et dont le charme a attiré de nombreux artistes mais aussi des écrivains tels que Guy de Maupassant [7] ou Pierre Louÿs, au tournant des XIXe et XXe siècles (annexe, doc. 1).

 

Participant à la vie artistique comme à la vie locale, Marc Antigna a entre autres noué des relations amicales avec ses collègues, s'associant à leur vie familiale, comme l'attestent de nombreux actes d'état civil, les accueillant volontiers dans sa vaste maison nommée «  Les Troènes » [8], alors divisée en plusieurs logements, tout près de la forêt de Fontainebleau. Il a notamment hébergé le peintre canadien Henri Beau (1863-1949), le sculpteur et médailleur russe Félix Rasumny (1869-1940) ; il a fréquenté le sculpteur Charles Virion (1865-1946) venu travailler à Montigny en 1889 et qui a fini par s'y établir (ill. 11). Mais il s’est aussi joint aux exposants de la « Faïencerie artistique » de Georges Delvaux (1834-1909) - renommée pour ses décors à la barbotine (ill. 13) -, ajoutant à son activité créatrice la fonction de secrétaire de l’Association Artistique de Montigny-sur-Loing [9].

ill. 10  Ci-dessus : Alexandre Antigna, Portrait de Marc (détail)

 

   ill. 11  Charles Virion, Chat, terre cuite, 31,5 x 26,5 cm, coll. part.            ill. 12  L’Abeille de Fontainebleau, 15/7/1898. 

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[7] C'est ici que l'auteur a écrit son dernier roman, Notre cœur, en 1890.

[8] Outre la « Villa des Troènes », rue du Trou de la Vente à Montigny-sur-Loing, Paris-Hachette - Adresses mondaines (1910-1914) signale aussi le 11, rue Barye, à Paris (XVIIe arrondissement), comme seconde adresse du peintre.

[9] « […] Marc Antigna, fils du peintre célèbre, se caractérise par un grand amour du dessin. On voit que pour lui, la sincérité dans la forme, la recherche du caractère sont un grand souci ; ses études d’Arabes sont pleines de vérité. De lui aussi un petit tableau charmant, intitulé : Solitude, tête de femme énigmatique et mélancolique, qui vous laisse une impression de rêve. » In L’Abeille de Fontainebleau, 15 juillet 1898, « Exposition permanente à Montigny-sur-Loing dans les salles de la Faïencerie artistique Georges Delvaux, ancienne maison Schopin ». Marc Antigna exposait notamment aux côtés de Numa Gillet (concepteur du portique d’entrée - ill. 12), des céramistes de l'atelier Delvaux, des peintres Henri Beau et Frédéric Ede.

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             ill. 13 Faïencerie de Georges Delvaux, Vase (avant 1900), céramique au décor à la barbotine, 12,2 cm (hauteur),

             collection particulière.

             ill. 14  Paul Beau, Vase (vers 1910), laiton et cuivre, 22,5 cm (hauteur) x 13,3 cm (diamètre),

             Collection du Musée national des beaux-arts du Québec.

             ill. 15  Henri Beau, Paysage (avant 1900), huile sur toile, 40,6 x 30,4 cm, collection particulière.

C’est également à Montigny-sur-Loing que l’artiste a épousé, le 23 mars 1908, en troisièmes noces, après deux veuvages, une Montignonne de vingt-trois ans, Paula Marthe Sarah Dumas, fille d’un général de division, née à Toulon le 13 septembre 1884 (ill. 29). Elle lui a donné six enfants [10], ces derniers s’ajoutant à ceux des mariages antérieurs de Marc, à Paris en 1896 [11] et au Canada en 1902 [12].

 

Entre 1899 (vraisemblablement) et 1903 [13], le peintre a en effet séjourné à Montréal dont n’avaient sans doute pas manqué de lui parler Henri et Paul Beau [14] lorsque ce dernier rejoignait son frère à Montigny, dans la maison des « Troènes » (ill. 14, 15). Au Québec, Marc Antigna a participé aux expositions de l’Art Association of Montreal [15], entre 1901 à 1903 (présentation de portraits et de miniatures), et à celle de l’Académie royale canadienne, en 1902, où son envoi était celui d’une lampe électrique en bronze représentant deux femmes drapées de fleurs, œuvre exécutée par le ferronnier d'art Paul Beau (annexe, doc. 6), à partir d’un dessin du peintre [16].

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[10] Tous sont nés à Montigny-sur-Loing : Huberte Antigna (1908-1920) - son décès accidentel, à Herblay, est notamment signalé dans Le Matin du 31 décembre 1920, « Deuils », p. 2 - ; Yves Antigna (1910-1976) ; Nicole Antigna (1912-1991) ; Micheline Antigna, épouse Peyret [de]  (1913-2011) ; Sylvie Antigna (1915-1997) ; Irène Antigna (1916-1998).

[11] Du mariage (le 23 juin 1896 ; célébré en la chapelle des Invalides, le 24 juin 1896) avec Madeleine Adolphine Eugénie Sophie Ottoz (Toulon, 2/11/1876 - Antibes, 8/12/1898), fille d’un officier de marine décédé (évènement mondain annoncé dans Le Figaro et Le Journal du 25 juin 1896, le Journal du Loiret du 13 juillet 1896) est né Loïc Antigna, en 1897 ; cet enfant est décédé à Montigny-sur-Loing la même année, à l’âge de cinq mois. Sa mère, tuberculeuse dit-on, ne lui a guère survécu.

[12] Du mariage, à Montréal, avec Renée Joséphine Gauthier (Montréal, 29/4/1872 - Montigny-sur-Loing, 1/10/1905), fille de Louis Gauthier (rentier) et de Joséphine Duprat, le 16 septembre 1902, est né Luc Antigna (Montréal, 1903 - Antibes, 1996).

[13] Le peintre a exposé à Montréal jusqu’à cette date et son nom figure encore dans l’annuaire commercial de l’année 1903 (voir David Karel : « Antigna, Marc », Dictionnaire des artistes de langue française en Amérique du Nord, p. 14). La date d’arrivée de Marc Antigna à Montréal est plus incertaine : selon Rosalind Pepall (Paul Beau, 1871-1949, Musée des beaux-arts de Montréal, 1982, catalogue, p. 9), il est arrivé « vers 1901 » ; David Karel (op. cit.) indique de son côté « après 1890 ». Il semble en fait assez probable que le peintre, très éprouvé, soit parti de France peu après le décès de son épouse Madeleine (le 8 décembre 1898), soit au cours de l’année 1899. Il n'a d'ailleurs pas participé au Salon cette année-là.

[14] Canadiens nés à Montréal de parents d’origine française, le peintre Henri Beau et son frère Paul, ferronnier d’art (1871-1949), ont bien connu Marc Antigna. Henri a plusieurs fois séjourné en France et Paul, également antiquaire et horloger, est souvent venu à Paris, entre 1897 et 1906. Logé aux « Troènes » où il se trouvait en 1898, Henri lui a fait découvrir Montigny-sur-Loing où l’avait entraîné lui-même un autre artiste canadien, Frédéric Ede (1865-1943), rencontré à l’Académie Julian.

[15] Fondée en 1860, l’Art Association of Montreal (Société des Arts de Montréal) est l'ancien nom que portait l'institution aujourd'hui connue sous le nom de Musée des beaux-arts de Montréal. 

[16] Voir Rosalind Pepall (op. cit., p. 9) ; David Karel (op. cit., p. 14). L'œuvre exposée en 1902 est la seule qui soit connue mais elle n’exclut pas d’éventuels autres fruits d’une collaboration entre Marc Antigna et Paul Beau.

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Inscrit au Salon des Indépendants de 1898 comme à celui des Artistes Français entre 1895 et 1898, le peintre a renoué avec les expositions parisiennes à son retour du Canada. Des articles de presse rapportent qu’il a pris part au Salon d’automne de 1905 et à celui des Artistes Français de 1910 où il a présenté des miniatures (annexe, doc. 5), comme il l'a fait, de façon continue, entre 1904 et 1914. Il a également exposé au Salon des Indépendants entre 1903 et 1910 [17].

Marc Antigna est décédé à Nantes en son domicile, 32, rue Camille-Flammarion, le 20 mai 1941, à l’âge de soixante-douze ans [18]. Déjà officier d’Académie [19], il avait été promu officier de l’Instruction publique par décret du Ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, le 13 janvier 1913, ce qu’avait signalé, quelques jours plus tard, Le Journal des arts du 22 janvier.

ill. 16, 17  Deux signatures de Marc Antigna (détails, ill. 26 et 22).

 

Ange, sainte, nymphe des forêts, bohémienne, campagnarde ou mondaine… la femme constitue le thème de prédilection de ce peintre au pinceau délicat, un thème décliné à travers une multitude de miniatures, mais également bon nombre de tableaux (portraits ou scènes de genre) sur fond de décor végétal ou de paysage. Marc Antigna travaille à la manière d’un artisan consciencieux. Son dessin soigné et ses coloris lumineux, son goût pour le décoratif, mais aussi l’aspect minutieux de ses miniatures rappelant l’art patient des enlumineurs (ill. 19 à 24), sont autant d’éléments qui l’apparentent au préraphaélisme. La conception « artisanale » de son activité l’a en outre quelque peu rapproché du mouvement Arts & Crafts [20] comme on a pu le voir à travers sa proximité avec les céramistes, à Montigny-sur-Loing, et surtout sa collaboration avec Paul Beau, à Montréal. Notons qu’à côté de tableaux de facture très classique peints dans les années 1900 (ill. 26, 29), l’artiste a témoigné d’un style plus libre dans le traitement de scènes de genre telles que Les Deux amies [21] ou encore Jeune femme à la pelle (ill. 18), toiles semble-t-il postérieures à 1910.

 

Depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à l’aube des années 1910 à partir de laquelle Marc Antigna semble avoir été moins remarqué par les critiques de Salons et d'expositions, il s’avère que la presse a généralement bien accueilli ses œuvres. Ainsi, dans la galerie parisienne des Artistes modernes, rue de la Paix, Le Petit Moniteur universel du 15 février 1896 oriente le regard du visiteur vers La Charmillle à Montigny puis, le 28 février, vers « deux jolies études d’enfants arabes » rapportées d’un voyage en Algérie qui a également inspiré à l’artiste le tableau des Petites filles de Biskra, envoyé au Salon des Artistes Français de 1896. À l'occasion de celui des Indépendants de 1898, Le Moniteur universel du 25 avril s'attache à souligner « la précision » et « la délicatesse » des portraits du peintre dont un critique du Rappel salue pour sa part les « bonnes aquarelles », le 23 mars 1907, lors d’une autre exposition des Indépendants.

 

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[17] R. Pepall, D. Karel, op. cit. ; E. Bénézit, (Dictionnaire des peintres, sculpteurs… ) fait seulement état des Salons des Indépendants de 1905, 1907 et 1910. Le nom du peintre figure parmi les « Artistes associés » de la Société des Artistes Indépendants, fondée en 1884.

[18] État civil, mairie de Nantes (annexe, doc. 4). Le lendemain, le décès a été annoncé dans le journal Le Phare de la Loire, de Bretagne et de Vendée.

[19] L’acte de mariage du 23 mars 1908 fait état de cette distinction.

[20] Voir Robert Derome : « Avec ou sans ailes », 1997. Issu du préraphaélisme et né comme lui en Angleterre, le mouvement Arts & Crafts (littéralement « arts et artisanats ») a ravivé le lien entre les beaux-arts et les arts décoratifs dans les années 1880 à 1910. Au Canada, Paul Beau se rattache à ce courant.

[21] Tableau reproduit dans Jours heureux à Montigny-sur-Loing, p. 19 (voir la bibliographie).

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                                                                                                                       ill. 18 Marc Antigna, Jeune femme à la pelle

                                                                                                                           (après 1910), huile sur toile, 47 x 33 cm,

                                                                                                                                              collection particulière.

                                                                                                                                    

 

 

 

 

 

Deux ans plus tôt, à propos d’une édition du Figaro illustré consacrée au Salon d’automne de 1905, le numéro du 16 octobre du Figaro, se félicitant de la publication d’un album « d’exquis dessins des artistes les plus réputés avec Renoir à leur tête », avait quant à lui attiré l’attention des lecteurs sur la couverture de cette revue : « Pour couverture, une Dryade, une charmante figure de femme, couronnée de feuilles d’automne, par Marc Antigna, qui porte avec talent le nom du regretté maître dont il est le fils. » (G. Davenay)

 

Malgré le regard un peu ironique de Louis Vauxcelles dans le Gil Blas du 20 mars 1910 sur les « miniatures candides » de l’artiste au Salon des Indépendants de cette année-là [22], Le Rappel et Le XIXe Siècle du 25 mars n’en admirent pas moins ses « fines miniatures » dont un autre journaliste du Rappel reconnaissait déjà « l’incontestable valeur », le 8 février 1907. Mais l’article sans doute le plus élogieux concernant les œuvres qui ont fait la renommée du peintre demeure celui de L’Écho d’Alger du 8 avril 1934  : « Marc Antigna, très connu et apprécié à Paris, expose du 7 au 17 avril à “ À Nostre Dame ” 37, rue Michelet, des miniatures sur ivoire où revit toute la grâce du XVIIIe siècle. Marc Antigna a retrouvé la finesse, le velouté, le charme des meilleurs miniaturistes et il traduit avec bonheur la beauté un peu précieuse de la femme de cette époque. Nul doute que cette exposition ne remporte le succès que nous espérons à cet artiste. »

Les œuvres de Marc Antigna se trouvent principalement aujourd’hui dans des collections privées et sont, de ce fait, peu accessibles. Paradoxalement victime du succès de ses miniatures [23] qui ont relégué ses toiles au second plan, apparemment un peu moins présent sur la scène artistique parisienne après la Première Guerre mondiale, sans doute cet artiste doué est-il injustement resté, dès son époque, malgré la voie originale qu’il a suivie et la reconnaissance unanime de son talent, le « fils du peintre célèbre » [24].

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[22] Deux ans plus tard, le même journal s’est fait plus bienveillant à l’occasion d’une exposition de miniatures à la galerie Brunner, à Paris, évoquant, parmi un ensemble « assez agréable » de dix œuvres, deux miniatures « qui révèlent un bon dessin et une recherche louable du style et de la couleur » (26 février 1912).

[23] Au sujet des miniatures, on pourra se reporter au point de vue d’un critique du Journal des débats politiques et littéraires  du 12 mai 1910, à propos de l’Exposition du Salon des Artistes Français. Il peut probablement expliquer bien des choses quant au jugement un peu condescendant, voire ironique, que pouvaient porter à cette époque certains peintres ou critiques d’art sur les miniaturistes (annexe, doc. 5).

[24] L’Abeille de Fontainebleau, 15 juillet 1898. Se reporter à la note 9.

9

Néanmoins, ses tableaux n’ont pas disparu du marché de l’art et ses miniatures demeurent encore très prisées de nos jours. Outre Gepsy (ill. 24), le Musée des Beaux-Arts d’Orléans a également acquis, en 2018, une Sainte Thérèse de Lisieux et un Portrait d’Hélène Antigna [25]Parmi les traces de l’activité de l’artiste au Québec, une œuvre lui vaut tout particulièrement d’être mentionné dans les dictionnaires et index artistiques canadiens [26]. Il s’agit de la composition intitulée La poésie, le chant, la musique ou Sainte Cécile accompagnée de deux anges aptères, œuvre qui ornait à l’origine le « parloir rose » de l’Hôtel-Dieu de Montréal et a maintenant rejoint la collection des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph, dans l’actuel Musée des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu (ill. 26). Tel n’est, hélas, pas le cas du tableau Femme et enfant dans un paysage, présent naguère dans le même hôpital, mais qui est aujourd’hui perdu [27].

 

Peintre elle-même [28], Hélène Antigna (ill. 19) n’a pu que se féliciter de voir André Marc s’engager à son tour sur le chemin de l’art. Alexandre n’a pour sa part jamais connu ce bonheur. De fait, le 28 février 1878, on l’a porté en terre au cimetière de Montmartre, ainsi que l’a notamment relaté le Journal du Loiret. Il était mort deux jours plus tôt. Marc avait à peine neuf ans mais moyennant la présence à ses côtés de son oncle Édouard [29], c’est à lui, Antigna, le fils, qu’avaient incombé le devoir et l’honneur de conduire le deuil.

 

ill. 19 Marc Antigna, Hélène Antigna, née Pettit (vers 1910),

gouache sur ivoire, 8,2 x 5,8 cm [30], ensemble et détail, collection particulière.

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[25] D. Rykner, « Acquisitions récentes d’Orléans : peintures et dessin du XIXe siècle », La Tribune de l’art, 19 décembre 2018.

[26] Voir la bibliographie, p. 16. Dans l’article consacré à Marc Antigna, David Karel (op. cit. p. 15) inclut ce détail concernant le père de l'artiste : « Une illustration signée " Antigna " intitulée La Souricière, qui est probablement l’œuvre du père de Marc Antigna figure au numéro du 28 mars 1872 de L’Opinion publique de Montréal. ». Tel est bien le cas concernant l’auteur de La Souricière. Du moins la gravure a-t-elle été réalisée d’après le tableau correspondant. (Voir Antigna ou La passion des humbles, p. 161.)

[27] Informations communiquées par Gilbert Langlois, gestionnaire des collections du Musée des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal. En 1992, David Karel (op. cit., p. 15) signalait encore ce tableau comme faisant partie des collections de l'Hôtel-Dieu.

[28] Hélène Antigna (1837-1918) a été l'élève d’Auguste Delacroix (1809-1868) et d’Alexandre Antigna qu’elle a épousé en 1861. (Dictionnaire Vapereau, 5e éd., 1880, « Antigna », p. 58 ; David Ojalvo, « Biographie sommaire », op. cit.). Signalant quant à elle, sans plus de précision, le nom de « Delacroix » parmi les maîtres d’Hélène Antigna, C. E. C. Waters (Women in the Fine Arts… , Houghton, Mifflin, 1904) semble à l’origine d’une confusion fréquente entre Auguste et Eugène Delacroix.

[29] Édouard Pettit (1845-1924), ingénieur des Arts et Manufactures, était le frère d'Hélène Antigna. « Les obsèques de notre compatriote Antigna ont eu lieu jeudi, à Paris. [...] Le deuil était conduit par le jeune fils du défunt, qu'accompagnait M. Pettit, beau-frère de M. Antigna... » Journal du Loiret, 3 mars 1878.

[30] Pour cette miniature comme pour celles qui suivent, les dimensions données n’incluent pas le cadre.

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ill. 20  À gauche : Marc Antigna, Portrait de femme, gouache sur ivoire, d’après Thomas Gainsborough, diamètre 5 cm, collection particulière.

ill. 21  À droite : Marc Antigna, Portrait de jeune femme, gouache sur ivoire, diamètre 7 cm, collection particulière.

ill. 22  Marc Antigna, Portrait de jeune femme, huile sur support ovale,

signée à droite, 13 x 10,5 cm, détails, collection particulière.

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ill. 23  Marc Antigna, Jeune fille au chien, gouache sur ivoire,

hauteur : 9 cm, collection particulière.

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ill. 24  À gauche : Marc Antigna, Gepsy, gouache sur ivoire, d’après Alexandre Antigna,

12,8 x 10,1 cm, Orléans, Musée des Beaux-Arts.

ill. 25  À droite : Alexandre Antigna, Gepsy (Salon de 1872), huile sur toile, 116,5 x 89,5 cm,

collection particulière.

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ill. 26, 27, 28 : Marc Antigna, La poésie, le chant, la musique

ou Sainte Cécile accompagnée de deux anges aptères  (1899-1903),

huile sur toile, 81 x 116 cm, ensemble et détails, Montréal,

Musée des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal, collection des RHSJM.

Selon Robert Derome (op. cit.), sainte Cécile, patronne des musiciens, faisait l’objet d’une grande dévotion au Québec à la fin du XIXe siècle, particulièrement chez les Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph qui lui avaient dédié un vitrail dans la tribune d’orgue de leur chapelle. Nul ne sait à ce jour comment ce tableau, allégorique ou religieux suivant son titre, est parvenu, autour de 1900, dans un parloir de l’Hôtel-Dieu de Montréal (annexe, doc. 2). La sobriété des vêtements et leur blancheur aux multiples nuances contrastent avec l’aspect du violon comme avec les teintes des chevelures, leurs ondulations et leurs boucles qui se mêlent aux tons et à la luxuriance du décor végétal de l’arrière-plan.

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ill. 29  Marc Antigna, Portrait d’une jeune femme dans un paysage avec un étang

- l'épouse du peintre - (vers 1908), huile sur toile, 55 x 46,5 cm, collection particulière.

Sans doute peinte à Montigny-sur-Loing, cette toile représente Paula Marthe Sarah Dumas, troisième épouse du peintre, vers l’époque de son mariage. Celui-ci a été célébré à la mairie de Montigny, le lundi 23 mars 1908, par Pierre Cloix, maire de la ville. Outre deux généraux, amis de la famille du général Dumas, père de la mariée, les témoins de l'artiste, alors âgé de trente-huit ans, étaient Édouard Pettit, son oncle maternel, et Yvonne Antigna, sa sœur, épouse d’Abel Demouy, résidant à Remiremont (Vosges). La tenue vestimentaire du modèle témoigne, une fois encore, du soin que Marc Antigna accorde au détail, particulièrement dans le rendu de la matière, des reflets du chapeau ou de la robe, mais aussi dans le traitement minutieux des motifs décoratifs de la dentelle. Tel un artisan, le peintre « brode » ici avec son pinceau (ill. 30, ci-dessous).

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Annexe : quelques documents

                                 

doc. 1 Anonyme, Montigny - Barrage sur le Loing (vers 1880), photographie, tirage albuminé,

12 x 19 cm, collection particulière. La maison la plus proche de la rivière, à gauche,

fut celle de Maupassant.

 doc. 2  Anonyme, Vue de l’Hôtel-Dieu de Montréal (vers 1900), photographie,

carte postale, collection particulière.

 

   

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doc. 3 Acte de naissance de Marc Antigna, (n° 918, mercredi 28 avril 1869), Archives de Paris.

 doc. 4  Acte de décès de Marc Antigna (n°233, 21 mai 1941), Archives de Nantes.

   

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doc. 5   Au Salon des Artistes Français »

 

Dans cet article signé « Ed. S. » du Journal des débats politiques et littéraires du 12 mai 1910, l’auteur retrace son  parcours au Salon de la Société des Artistes Français, ouvert le 1er mai au Grand Palais des Champs-Élysées. Le voici dans la salle réservée aux miniatures où Marc Antigna expose La Dryade ( n° 1942) et des Portraits de Luc et Huberte, ses enfants (n° 1943) :

 

« […] (nous sommes à présent au pourtour) : Mmes Jeanne Brunot, B. Beauffrey, Marthe Combe-Réveilhac, Irène Gerboy, Anne Watson, Bouzin-Prègre, C. Chapman, Louis-H. Péchard, E. Villandière, G. Ray, Bessie Gibson, Devau-Fabre, Guillemin, Mary-Doull, J. Grandhomme, Gordon, Muscadel de Massüe (fine étude) ; et M. Renders, rara avis, avec M. Marc Antigna : car les hommes, autrefois les seuls maîtres de la miniature, ont décidément laissé aux femmes le pouvoir d’en mener les destins ; et il faut bien dire que leur renonciation ne fut pas la moindre cause du discrédit où la miniature était tombée ; du reste, celle-ci, je crois, ne se relèverait tout à fait que le jour où ils ne la jugeraient plus indigne d’eux ; alors, de grands artistes sans doute lui restitueraient sa gloire… »

 

 doc. 6  Les frères Beau. À gauche : Edmond Dyonnet, Henri Beau (vers 1892), photographie, in « Biographie

de Henri Beau », Galerie Jean-Pierre Valentin ; à droite : Anonyme, Le ferronnier Paul Beau, photographie,

(s. d.), in « Le génie disparu », Sénat du Canada, Génie d’artisans visionnaires, 13 octobre 2020.

   

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Bibliographie

BÉNÉZIT, Emmanuel : « Antigna (Marc) », Dictionnaire des peintres, sculpteurs… , tome premier, p. 185, Gründ, 4e édition, avril 1999.

 

BRYDEN, Alan et VIRION, Jeanne : « André-Marc Antigna », Jours heureux à Montigny-sur-Loing - Maisons, artistes et autres personnages remarquables (1750-1950), pp. 18-19, publication de l’ASME, mai 2017 ; 2e éd., juillet 2020.

 

DEROME, Robert : « Avec ou sans ailes », En présence des anges. Art religieux et dévotions populaires, Département d’histoire de l’art, Université du Québec, Montréal, 14 décembre 1997, [rd.uqam.ca/Anges/Ailes.html].

FANICA, Pierre-Olivier et BOUÉ, Gérard : Céramiques impressionnistes et grès Art Nouveau : Montigny-sur-Loing et Marlotte, 1872-1958, Éditions Sous-le-vent / Vilo, 1988 ; rééd. Massin, 2005.

 

JAMET, Christian : Antigna ou La passion des humbles, Éditions Demeter, 2007 ; nouvelle édition revue et augmentée, Corsaire Éditions, 2017.

JOANNIDÈS, Dimitri : « Le mouvement Arts & Crafts », La Gazette Drouot, 21 mars 2011. [https://www.gazette-drouot.com/article/le-mouvement-arts-%2526-crafts/6358].

 

KAREL, David : « Antigna, Marc », Dictionnaire des artistes de langue française en Amérique du Nord. Peintres, sculpteurs, dessinateurs, graveurs, photographes et orfèvres, pp. 14-15, Musée du Québec - Presses de l’Université Laval, Québec, 1992.

 

LAREAU, François : « Antigna, Marc, 1869-1941 », Répertoire des artistes canadiens (Arts visuels) © François Lareau, Ottawa, 1998, [flareau@rogers.com].

 

OJALVO, David : Jean-Pierre Alexandre Antigna, catalogue d’exposition, Musée des Beaux-Arts d’Orléans, 20 octobre 1978 - 3 janvier 1979.

 

PEPALL, Rosalind : « Paul Beau, ferronnier d'art », in « Expositions », Vie des arts, volume 24, numéro 96, automne 1979.

                                        Paul Beau (1871-1949), Catalogue d'exposition (exposition itinérante), Musée des beaux-arts de Montréal, 1982.  

PETIOT, Aurélie : Le Préraphaélisme, Éditions Citadelles et Mazenod, 2019.

 

PUPIL, François : La Miniature, Collections du Musée historique lorrain, Presses universitaires de Nancy, 1994.

 

ROSTAING McMANN (de), Evelyn : « Antigna, Marc », Bibliographical Index of Artists in Canada, University of Toronto Press, 2002.

 

SAUNIER, Philippe : « La réforme des " Arts and Crafts " », L'Histoire par l'image, janvier 2006, [http://histoire-image.org/fr/etudes/reforme-arts-and-crafts].  

   

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Remerciements

L’auteur tient à remercier, pour leur aimable collaboration :

 

   Mesdames 

Françoise Saint-Martin, petite-fille d’Yvonne Antigna,

Pascale Saint-Martin, arrière-petite-fille d’Yvonne Antigna,

Maud Antigna, arrière-petite-fille de Marc Antigna,

Isabelle Klinka-Ballesteros, conservatrice en chef du patrimoine,

Jeanne Virion, petite-fille du sculpteur Charles Virion, secrétaire générale de l’ASME,

Isabelle Bordet, mairie de Montigny-sur-Loing,

Raphaëlle Drouhin, documentaliste, Service de documentation des Musées d’Orléans,

Véronique Greaves, Musée national des beaux-arts du Québec,

Audrey Marcoux, Musée des beaux-arts de Montréal ;

                                

   Messieurs 

Thibault Antigna, arrière-petit-fils de Marc Antigna,

Bernard Gibiot, arrière-petit-fils d’Yvonne Antigna,

Alan Bryden, président de l’ASME (Association de Sauvegarde de Montigny-sur-Loing et de

son Environnement),

Thibaut Prissette, Service Tourisme Moret Seine & Loing,

Gilbert Langlois, gestionnaire des collections du Musée des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal (Québec).

 

Crédits photographiques

 

©Antiques de Laval, d. r. (ill. 11). Archives ACD (ill. 12). Archives de Nantes - État civil (doc. 4). Archives de Paris - État civil (doc. 3). © Bernard Gibiot (ill. 9). © Catherine Lejon (ill. 13). © M. Chuzeville, in Catalogue de l’exposition Antigna de 1978-1979 au Musée des Beaux-Arts d’Orléans, n°69 (ill. 3, 5). © Collection du Musée national des beaux-arts du Québec (ill. 14). © Collection des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph de Montréal (ill. 16, 26, 27, 28 ). Domaine public (doc. 6, g/d). Droits réservés (ill. 15, 18, 20, 21, 23, 29, 30). © Françoise Saint-Martin (ill. 25). Orléans, Musée des Beaux-Arts © François Lauginie (ill. 2, 7 -détails) ; © Pascal Camus (ill. 24). © Oldmasterart (ill. 17, 22, gauche et droite) [https://poykee.com/miniature-portrait-painting-miniature-woman-by-marc-antigna.html]. Orsud coll. (ill. 1, 6, 10 ; doc. 2). © Pascale Saint-Martin (ill. 19). RMN-Grand Palais/ Palais des Beaux-Arts de Lille (ill. 8). © photos-discovery  - Bruno Tartarin (doc. 1). © Mme Rousset, in Catalogue de l’exposition Antigna de 1978-1979 au Musée des Beaux-Arts d’Orléans, n° 71 (ill. 4).

 

© Christian Jamet, 8 avril 2021  https://www.christian-jamet.com 

Toute reproduction de cet article, en partie ou en totalité, ne peut être faite sans

le consentement de l’auteur.

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